L'étrange souveraineté qu'on confie aux machines
On parle beaucoup de souveraineté. Mais quelle étrange souveraineté que celle qu'on remet entre les mains de la technologie.
Où commence vraiment la souveraineté ?
La vraie souveraineté commence en soi. Reconnaître les lois du vivant, les écouter, suivre cette intelligence qui maintient l'espèce en vie depuis toujours. Avant tout outil, avant tout appareil, il y a ce savoir logé dans le corps, qui n'a attendu aucune machine pour fonctionner. Se déposséder de celui-là, c'est perdre la première des souverainetés.
La technologie est-elle l'ennemie ?
Non, et il ne faut pas se tromper de procès. La technologie n'est pas l'ennemie tant qu'elle sert le vivant : elle le prolonge, le soulage, l'augmente parfois. Le problème n'est pas qu'elle existe. Le problème, c'est quand elle prend sa place, quand on ne sait plus rien décider ni sentir sans elle. L'outil devient alors un maître, et ce que l'on croyait être un gain devient une dépendance.
Rester souverain, ce n'est pas refuser la machine. C'est ne jamais lui céder ce qui, en nous, sait déjà.
